Tout ce que vous devez savoir sur les 7 statuts juridiques, les charges, la fiscalité, l'ACRE, les dividendes et la création d'entreprise en France en 2026.
Choisir son statut
Il existe aujourd'hui 7 structures principales pour exercer en indépendant : Micro-entreprise, EI au réel, EURL, SASU, Portage salarial, Holding et SARL de famille. Le choix dépend de 4 critères : votre niveau de CA, vos frais professionnels, votre situation familiale (quotient familial IR), et si vous bénéficiez de l'ARE (chômage). Notre simulateur analyse ces 4 dimensions simultanément pour vous donner le résultat le plus précis possible.
💡 Utilisez le simulateur en mode TJM pour voir le classement des 7 statuts d'un coup selon votre profil exact.
Le seuil dépend de vos frais et de votre situation fiscale, mais en règle générale : Micro → EI au réel dès 30 000 € si vous avez des frais importants. EI → EURL autour de 50 000 € pour bénéficier des dividendes et d'une meilleure structure. EURL/SASU → Holding à partir de 80 000–100 000 € si vous souhaitez capitaliser. Ces seuils varient selon le quotient familial : avec 4 parts fiscales, l'EI reste compétitif jusqu'à ~150 000 € car l'IR est quasi nul.
La différence clé est le régime social. En SASU, le président est assimilé-salarié : charges élevées (~82% du net) mais meilleure protection sociale et accès au chômage en fin de mandat. En EURL, le gérant est TNS : charges plus faibles (~44%) mais pas de chômage. La SASU offre aussi plus de flexibilité statutaire. Pour un même CA, l'EURL dégage en général 15–20% de revenu net de plus que la SASU, sauf si vous bénéficiez de l'ARE ou optimisez via les dividendes SASU (PFU 30% sans cotisations sociales).
Oui, mais les formalités varient selon la direction : Micro → EI : simple changement de régime d'imposition. Micro/EI → EURL/SASU : création d'une nouvelle structure et radiation de l'ancienne (~500–600 €). EURL → SASU : transformation juridique (~300–800 €). EURL/SASU → Holding : création d'une holding qui rachète les parts (~1 200 €). Chaque transition est possible mais engendre des frais et délais. Il est préférable d'anticiper la structure cible dès le départ si votre CA va croître.
Micro-entreprise & EI au réel
Ce sont deux régimes d'une même forme juridique (l'Entreprise Individuelle), mais avec des règles différentes. En micro, vous payez des cotisations forfaitaires sur votre CA (21%) et êtes imposé sur un revenu forfaitaire (CA - abattement). En EI au réel, vous déduisez vos frais professionnels réels, êtes imposé sur le bénéfice réel, et payez des cotisations TNS sur ce bénéfice (~44%). L'EI au réel est avantageux dès que vos frais dépassent l'abattement forfaitaire de la micro (34% pour services BNC).
En 2026 : 188 700 € pour la vente de marchandises, hébergement et restauration, et 77 700 € pour les prestations de services et professions libérales. Si vous dépassez deux années consécutives, vous basculez automatiquement au régime réel. Au-delà du seuil de franchise TVA (distinct du plafond CA), vous devez facturer la TVA à vos clients.
Non. L'EI n'a pas de capital social et pas de personnalité morale distincte de son exploitant. Il n'y a donc pas de notion de dividendes : tout le bénéfice de l'EI est imposé directement à l'IR du dirigeant, qu'il soit distribué ou non. C'est la principale limite de l'EI par rapport à l'EURL ou la SASU. Pour bénéficier des dividendes, il faut créer une société (EURL, SASU ou Holding).
C'est une option permettant de payer votre IR simultanément aux cotisations sociales, sous forme d'un taux fixe sur le CA : 1% vente, 1,7% services BIC, 2,2% BNC. Avantageux si votre tranche marginale est à 30% ou plus. Conditions : revenus fiscaux de référence N-2 inférieurs à ~27 000 € (1 part). Vos cotisations sociales restent dues en parallèle (21% pour les services).
EURL, SASU & dividendes
En SASU : les dividendes sont soumis uniquement au PFU 30% (12,8% IR + 17,2% PS), sans cotisations sociales supplémentaires. La stratégie optimale est de verser un salaire minimal pour maintenir les droits à la retraite, puis de maximiser les dividendes. En EURL : les dividendes dépassant 10% du capital social sont soumis aux cotisations TNS, ce qui les pénalise. Il vaut mieux garder un capital élevé (>100 000 €) ou utiliser d'autres leviers d'optimisation.
💡 Le simulateur intègre un curseur "salaire vs dividendes" pour trouver la répartition optimale selon votre TMI.
Le taux réduit de 15% s'applique jusqu'à 42 500 € de bénéfice imposable, puis le taux normal de 25% au-delà. Pour bénéficier du taux réduit, la société doit avoir un capital entièrement libéré et le chiffre d'affaires doit être inférieur à 10 millions d'euros. L'IS est dû sur le bénéfice après déduction de la rémunération du dirigeant et de toutes les charges professionnelles.
Légalement non (sauf au-delà de certains seuils en SARL), mais fortement recommandé. La comptabilité complète (bilan, liasses fiscales, déclarations TVA) est complexe et les erreurs coûtent cher. Un expert-comptable coûte 1 500 à 3 500 €/an selon la taille, mais génère souvent bien plus d'économies en optimisation fiscale. Des logiciels comme Pennylane ou Indy permettent de réduire ce coût en automatisant une partie de la saisie.
Portage salarial
Le processus est simple : 1/ Vous trouvez vos clients et négociez votre TJM. 2/ La société de portage signe le contrat avec le client et vous embauche. 3/ Elle facture le client, prélève ses frais de gestion (8–12% du CA HT), puis vous verse un salaire. Vous bénéficiez de tous les avantages du salariat : bulletin de paie, mutuelle, prévoyance, droits chômage, retraite. Vous pouvez aussi déclarer des frais professionnels (déplacements, matériel) qui réduisent l'assiette de vos cotisations.
Le portage est plus avantageux sur 3 critères : zéro gestion administrative, droits ARE acquis dès le départ (vs fin de mandat pour SASU), et pas de coût de création/fermeture. Il est moins avantageux sur 2 critères : les frais de gestion (9% du CA) représentent un coût fixe élevé, et le revenu net est ~15–20% inférieur à une SASU optimisée. La règle pratique : portage idéal pour les missions ponctuelles et les transitions, SASU préférable pour une activité continue à long terme.
Holding & structure mère-fille
Le régime mère-fille (art. 216 CGI) permet à une société mère (la holding) de recevoir les dividendes de sa filiale en ne payant l'IS que sur 5% du montant reçu à titre de quote-part de frais. En pratique : si la filiale distribue 100 000 € de dividendes nets d'IS, la holding paie IS sur 5 000 € seulement → 5 000 × 25% = 1 250 € d'IS (soit 1,25%). Ces 100 000 € peuvent alors être réinvestis dans des projets (SCI, autres participations, FCPR) sans autre frottement fiscal immédiat. La taxation n'intervient que lors de la sortie personnelle (PFU 30%).
Pour créer une holding : 1/ Créer une SAS ou SARL (holding) qui détiendra les parts de votre société opérationnelle. 2/ Soit créer la filiale simultanément, soit faire racheter vos parts existantes par la holding (apport-cession, avec précautions fiscales). Le coût de mise en place est ~1 200 € (deux immatriculations + JAL). Les frais annuels de double comptabilité sont ~5 000 €. La structure devient rentable dès que le gain fiscal sur les dividendes dépasse ces coûts — généralement à partir de 80 000 € de CA, et nettement intéressant dès 150 000 €.
Oui, c'est le principal avantage de la holding. Après avoir payé ~1,25% d'IS sur les dividendes reçus, la holding peut investir librement : SCI pour l'immobilier (loyer taxé à l'IS 15/25% au lieu de l'IR), FCPR/FPCI (fonds private equity avec exonération sous conditions), achats de parts dans d'autres sociétés, prêts intra-groupe, compte à terme, etc. L'impôt n'est dû que lorsque vous sortez personnellement de l'argent de la holding (PFU 30%). C'est la stratégie de capitalisation la plus efficace fiscalement.
SARL de famille
La SARL de famille est réservée aux associés liés par des liens familiaux directs : époux ou partenaires PACSés, ascendants (parents, grands-parents) et descendants (enfants, petits-enfants). Elle ne peut pas inclure des frères/sœurs ou des associés sans lien familial. Si un associé extérieur à la famille entre dans le capital, l'option IR est perdue définitivement. Cette contrainte est importante à anticiper si vous envisagez des levées de fonds ultérieures.
L'avantage est maximal quand : 1/ Le conjoint n'a pas ou peu de revenus : la répartition 50/50 du bénéfice entre deux foyers avec des revenus très différents réduit fortement la TMI effective. 2/ Le quotient familial est élevé (3+ enfants) : l'IR global est déjà faible, ce qui neutralise l'avantage de l'IS. 3/ Le CA est modéré (~40–100k€) : en dessous, l'IS 15% n'est pas forcément plus avantageux que l'IR avec quotient familial. Simulez les deux options sur notre outil en changeant la situation familiale pour comparer.
ACRE & aides à la création
L'ACRE (Aide à la Création ou Reprise d'Entreprise) permet une exonération partielle de cotisations sociales pendant 12 mois. Pour les TNS (EI, EURL) : exonération totale jusqu'à 75% du PASS (~34 776 €), dégressive de 75% à 100% du PASS (~46 368 €), puis taux plein au-delà. Pour les assimilés-salariés (SASU, portage) : exonération partielle des charges patronales. Sont éligibles : demandeurs d'emploi, bénéficiaires de minima sociaux, jeunes de moins de 26 ans, et toute personne créant ou reprenant une entreprise.
⚠️ À partir de l'année 2, l'avantage ACRE disparaît. Simulez sans ACRE pour voir votre situation réelle à long terme.
Oui, sous conditions. Si vous percevez l'ARE et créez une SASU, vous pouvez suspendre vos droits et les reprendre à la fermeture, ou percevoir une fraction de l'ARE en complément d'un salaire faible (option ARCE ou cumul partiel). La stratégie classique : créer une SASU sans se verser de salaire pendant la phase de démarrage → ARE continue → rentabiliser la société → basculer sur un salaire quand le CA est stabilisé. Consultez Pôle Emploi pour votre situation spécifique car les règles de cumul sont précises.
Fiscalité & IR
Le quotient familial réduit l'IR en divisant le revenu imposable par le nombre de parts. Avec 4 parts ou plus (marié + 3 enfants), l'IR est quasi nul jusqu'à ~160 000 € de revenu net imposable. Dans ce cas, l'IS (15–25%) devient une charge que vous ne subissez pas en IR, ce qui avantage les statuts sans IS (EI, micro, SARL famille IR). C'est pourquoi notre simulateur affiche parfois l'EI ou l'EI comme optimal pour les familles nombreuses à CA modéré — c'est mathématiquement correct, pas un bug.
💡 Testez différentes situations familiales dans le simulateur pour voir à quel moment la société devient plus avantageuse.
L'IR (Impôt sur le Revenu) est progressif : vous payez 0% jusqu'à 11 497 €, 11% de 11 498 à 29 315 €, 30% de 29 316 à 83 823 €, 41% jusqu'à 180 294 €, 45% au-delà. Avec le quotient familial, ces seuils s'appliquent par part. L'IS (Impôt sur les Sociétés) est proportionnel : 15% jusqu'à 42 500 € de bénéfice puis 25%. L'IS devient avantageux dès que votre TMI est à 30% ou plus ET que vous n'avez pas besoin de tout sortir en rémunération.
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